Je me suis rendue à l’exposition Actio! consacrée à Constance Guisset au musée des Arts Décoratifs jusqu’au 11 mars 2018. Encore merci à 2tech2 – spécialiste du sol en vinyl décoratif – pour m’avoir gentiment envoyé des invitations!   Ca valait le coup de s’immerger dans l’univers de cette designer
(mais pas que !!!) au parcours atypique, connue pour sa célèbre suspension Vertigo éditée chez Petite Friture.
Et je dois dire que cette rétrospective de dix ans de travail, de recherche, de prototype…et bien plus que ça, c’est une véritable expérience qui met les sens en éveil mêlant à la fois le son, l’image et le design. La scénographie est très bien pensée et reprend la recette de l’exposition « les formes savantes » qui s’est tenue en 2017 au musée Fabre de Montpellier.
Huit mois ont été nécessaires à Constance Guisset pour accoucher de cette exposition et mettre en scène son univers joyeux et ludique tout en sublimant les murs et œuvres du Musée des arts décoratifs.
Cette dernière ne s’est pas contentée de poser ça et là ses œuvres, elle a cherché à réveiller les décors et mettre en dialogue design et pièces muséales.

L’exposition s’articule autour de verbes d’action tel que s’envoler, respirer, transmettre…et dès l’entrée le ton est donné avec l’œuvre « Trois conversations » véritable vaisseau itinérant qui laisse place au voyage et au nomadisme tel un chapiteau dans une volonté de chorégraphier les déplacements et concevoir des îlots de bien-être. Sa structure en apparence imposante mais néanmoins gracieuse reprend les codes de la fameuse « Vertigo » avec ses sangles colorées.

Vertigo, la suspension entre poésie et légèreté

 

luminaire

 

Ravir comme ce verbe correspond à merveille à cet espace entièrement dédié à des « Vertigo » en mouvement qui s’animent pour dessiner des lignes dans l’espace de manière gracieuse et tout en finesse. Il faut dire qu’avec son allure graphique et aérienne, cette « lampe cabane » comme la nomme sa créatrice, parvient à sublimer n’importe quels intérieur et ambiance et envoûte littéralement.

 

Avec le verbe tourner, là encore l’accent est mis sur la notion de mouvement perpétuel, de vertiges enveloppants et sur les coloris pastels avec la lampe Chantilly pour Moustache et le tapis
Spin pour Nodus, qui avec leur motif en spirale et leur dégradé de couleurs donne cette idée de toupie qui tourne, qui tourne…

miroir

Quand les couleurs s’en mêlent

 

Le travail de Constance Guisset s’articule aussi autour du travail de la couleur notamment au travers de l’aquarelle. C’est pour elle, une façon joyeuse d’exprimer l’érosion des couleurs dans le
temps ainsi que le temps qui passe. On retrouve ce travail avec le miroir « Francis » qui est né des expériences chromatiques, à partir de pigments dilués. Chaque miroir est pensé comme un
tableau évoquant le temps qui passe et se pose avec beauté sur les traits. Les Francis sont des objets joyeux et élégants, empreints d’une légère nostalgie. Les harmonies colorées sont autant de recherches sur les associations chromatiques explosives et évanescentes.

 

miroir

Cette idée de couleurs qui fusent et de miroir est reprise par « Chroma », déjà mis en scène en 2017 dans une scénographie pour le jardin du musée national Eugène-Delacroix à Paris, que l’on retrouve au musée des arts décoratifs. « Chroma » est un grand mat où se dresse à son pied une assise miroitante, c’est un endroit où s’asseoir, observer et écouter et où le décor et l’âme se
reflètent.
Allez vous aussi passez à l’Actio! et envoyez-nous vos photos ou vidéos de vous!