Le Palais de Tokyo est toujours un grand lanceur de défis. Cette fois-ci il nous propose l’introspection, le fond du fond de nous-même : celui qui nous intrigue, celui qui nous fait peur, celui qui nous regarde…

Entre installations, vidéos, dessins, live et inter-actions nous avons erré dans le dédale des cerveaux bruts et à vif des artistes-exposants et choisi un tableau à 3 têtes.

inside

Intestin en plastoc : Tape Paris, Numen/for use

Un grand boyau tel une chrysalide juchée dans les hauteurs du Palais pique la curiosité dès l’arrivée. Ces viscères avalent les visiteurs qui s’y aventurent pour un voyage amusant et/ou claustrophobique de soi-même. En chaussettes, attaquez les tubes plastiqués façon vers à soi pour ramper et explorer votre for-intérieur.

MARBRE

Une cabane en draps de marbre : Ryan Gander

Plantées là sous des éclairages dramatiques se profilent des cabanes ; des cabanes comme celles que l’on construit dans sa chambre avec un drap et un bâton : fragiles et secrètes. On y regarde de plus près, on découvre un drapé de marbre parfait, une illusion éphémère entre la légèreté et l’inébranlable. Les sculptures de Ryan Gander nous font voyager dans une allégorie de nous-même et nos mille visages. Coup de cœur sur cette parenthèse symbolique.

Thibault

Thibaut, cobaye de lui-même: Installation of expérience

Une pièce blafarde attend le courageux au fond d’une impasse. Un petit écran, une chaise, un néon. la « geôlière » nous propose de relever le challenge : entrer, se laisser enfermer, trouver la solution pour sortir. Précision utile, personne ne peut transmettre la solution, elle n’est pas connue. Oups…. Thibault (stagiaire émérite) se lance. 5mn, 15mn… fait le tour, regarde (attention pas le droit de toucher), patauge… on s’angoisse pour lui. Il finira par sortir (à peu près intact) après s’être regardé au fond du cerveau car après tout c’est le but. Déroutante et désarmante de self-experience.

Cette visite au cœur de nos émotions profondes reste en tête longtemps après le retour sur le pavé parisien. Vous y serez parfois dérangé voire bousculé : allez-y l’esprit ouvert… On a beaucoup aimé même si plus d’ateliers auraient rendu la participation encore plus personnelle.